27|08|2021

CRISE SANITAIRE : LE VARIANT ECONOMIQUE !

A l’heure où les carnets de commandes se remplissent, nombre de chefs d’entreprise craignent une année difficile non pas à cause de l’épidémie de Covid-19, mais de ses effets secondaires dont les symptômes se nomment difficultés d’approvisionnement et hausse des prix.


L’économie mondiale sous tension

Denrées alimentaires, matériaux de construction, composants électroniques… La liste des produits sous tension ne cesse de s’allonger, à l’image du bois de construction pour lequel les délais de livraison sont « indéterminés » et le prix multiplié par 3 en l’espace d’un an. Les facteurs de cette situation sont multiples : baisse du dollar, spéculation, Canal de Suez bloqué, gel en avril … sans oublier la relance de l’activité en Asie et en Amérique du Nord qui joue comme un « aspirateur » à matières premières. Bien que macro-économiques, ces constats ont des répercussions très concrètes sur le quotidien de l’artisan, du commerçant et du consommateur.

Notre quotidien perturbé

Les difficultés d’approvisionnement obligent de nombreux professionnels à retarder des chantiers ou des livraisons faute de disposer du produit. Concrètement, ces décalages génèrent des facturations en moins, des plannings difficiles à gérer, des pénalités de retard sur certains chantiers, des clients qu’il faut rassurer, parfois calmer. Imaginez le stress supplémentaire si ces difficultés d’approvisionnement se combinent avec une hausse de prix difficile, voire impossible à répercuter quand les devis et/ou les appels d’offres sont signés depuis plusieurs semaines ! Paradoxe de la situation : des entreprises seront peut-être en difficulté alors que leurs carnets de commandes sont pleins. Le recul de la crise sanitaire pourrait bien donner naissance à un nouveau variant, économique celui-ci.

Clarifier la relation client

Il n’y a pas de remède miracle, mais rester inactif serait une erreur. La première action à engager ne règlera rien en elle-même mais reste indispensable. Pour préserver la relation client, soyez transparent sur la situation, anticipez les questions des clients plutôt que d’attendre qu’ils ne s’agacent des délais non tenus. En second lieu, profitez-en pour évoquer les hausses de prix et pourquoi pas envisager un ajustement même partiel des devis déjà réalisés. Au pire, le client vous opposera un refus au nom du contrat signé. Comme le dit le proverbe, « qui ne tente rien n’a rien ». En revanche, pour les devis à établir, penchez-vous sérieusement sur les clauses contractuelles : par exemple en réduisant la durée de validité du devis ou en précisant cette durée si ce n’était pas fait, en prévoyant une clause de révision de prix ou en stipulant des délais de livraison/réalisation qui tiennent compte des aléas d’approvisionnement.

Ajuster la politique d’achat

Enfin, il faudra peut-être en passer par une révision de votre politique d’achat. Faut-il référencer plusieurs fournisseurs pour se préserver une porte de sortie ? Découvrir ou redécouvrir les fournisseurs locaux ? Pourquoi ne pas proposer à vos fournisseurs un partenariat différent, à l’image de ce négociant en équipement électrique qui utilise sa trésorerie pour sécuriser ses approvisionnements ? le schéma en place : garantir, et payer par avance au fournisseur, un volume d’achat pour l’année, à charge pour ce dernier de constituer le stock nécessaire pour honorer la commande. Le client bloque son prix d’achat et garantit aussi son approvisionnement, sans la contrainte du stockage. De son côté, le fournisseur s’assure un chiffre d’affaires, propose un prix stable et un service premium au client.

 

A noter

Depuis le 16 juin, 3 nouvelles mesures « immédiates » pour soutenir le secteur :

1. Ne pas appliquer de pénalités de retard Une circulaire signée et remise aux acheteurs de l’Etat les engage à « ne pas appliquer de pénalités de retard » aux TPE et PME, si un retard pris sur un chantier est le résultat d’un défaut d’approvisionnement en matières premières, jugé « cas de force majeure » par le ministre de l’Economie. Les collectivités locales, qui sont autonomes, ne sont pas concernées directement par cette circulaire, mais vivement encouragées par Bercy à respecter cette démarche solidaire.

2. La création d’un comité de crise Ce comité, piloté par Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises, a pour mission de « signaler les abus, et le non-respect des règles de solidarité ». Preuve de l’implication du Gouvernement, Bruno Le Maire a annoncé que l’Etat était prêt à publier les noms des structures qui ne joueraient pas le jeu, autrement dit à pratiquer le « name & shame ».

3. Le lancement d’une médiation de filière Axée sur la bienveillance, cette structure pourra veiller à la non-application de pénalités en cas de retard de livraison ou d’exécution et à accorder des reports de délais.



Cerfrance Dordogne

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