Votre comptabilité artisan, vérifiée par un expert

Comptabilité de l'artisan en Dordogne : obligations, TVA et charges sociales en 2026

Illustration d'un artisan en réflexion sur la comptabilité de son activité

Vous venez de vous installer comme artisan en Dordogne, ou vous exercez votre activité depuis quelques années, et la comptabilité reste floue. Ce que vous devez déclarer, comment calculer votre TVA, ce que l'Urssaf attend de vous chaque trimestre — autant de questions qui reviennent systématiquement. Et pour cause : les obligations comptables d'un artisan varient selon le régime fiscal choisi, le chiffre d'affaires réalisé et la nature de l'activité. Une erreur peut coûter cher.

Cet article fait le point sur tout ce que vous devez savoir en 2026 pour gérer votre comptabilité d'artisan en Dordogne sans mauvaise surprise : régimes applicables, TVA, charges sociales, documents à tenir à jour. Lisez-le une fois, gardez-le sous la main.

Un artisan doit-il vraiment tenir une comptabilité ?

La question revient souvent, surtout chez les artisans qui débutent sous le régime de la micro-entreprise. La réponse est oui — mais les obligations comptables varient selon le statut.

Tout artisan exerçant une activité commerciale ou artisanale est soumis à des obligations de suivi financier, quelle que soit sa taille. L'administration fiscale et l'Urssaf ont besoin de tracer vos revenus, votre TVA collectée et vos charges sociales. En cas de contrôle, l'absence de documents comptables constitue une faute grave pouvant entraîner des redressements et des pénalités.

La bonne nouvelle : le niveau de complexité comptable n'est pas le même pour tout le monde. Un micro-entrepreneur artisan a des obligations beaucoup plus légères qu'un artisan au régime réel. Mais dans tous les cas, il faut tenir des documents à jour.

Illustration de la comptabilité d'un artisan en 2026

Quelle comptabilité pour un artisan en 2026 ?

Le régime comptable applicable dépend avant tout du régime fiscal choisi au moment de la création ou au fil de l'évolution du chiffre d'affaires.

Le régime micro-BIC : la comptabilité allégée

Le régime micro-BIC (bénéfices industriels et commerciaux) s'applique automatiquement aux artisans dont le chiffre d'affaires annuel ne dépasse pas 188 700 € pour les activités de vente ou 77 700 € pour les prestations de services (seuils 2026).

Sous ce régime, les obligations comptables sont minimalistes :

  • Tenir un livre de recettes chronologique, mentionnant la date, le montant et l'origine de chaque encaissement
  • Tenir un registre des achats pour les activités de vente et de fourniture de logement
  • Conserver l'ensemble des justificatifs (factures, tickets de caisse, relevés bancaires)

Pas de bilan, pas de compte de résultat, pas de liasse fiscale complexe. Le bénéfice imposable est calculé par l'administration en appliquant un abattement forfaitaire de 50 % sur les recettes pour les prestations de services artisanales.

À retenir : Le régime micro-BIC est simple à gérer mais pas toujours le plus avantageux. Si vos charges réelles dépassent 50 % de votre chiffre d'affaires, vous avez fiscalement intérêt à opter pour le régime réel simplifié.

Le régime réel simplifié : la comptabilité complète

Dès que vous dépassez les seuils du micro-BIC — ou si vous optez volontairement pour ce régime — vous basculez en régime réel simplifié (ou normal selon votre taille).

Les obligations comptables sont alors bien plus étoffées :

  • Tenir une comptabilité de trésorerie en cours d'année
  • Établir un bilan simplifié et un compte de résultat en fin d'exercice
  • Déposer une liasse fiscale auprès des services des impôts
  • Conserver tous les documents comptables pendant 10 ans

C'est à ce stade que l'accompagnement d'un expert-comptable artisan en Dordogne devient non seulement utile mais souvent indispensable pour éviter les erreurs de déclaration.

Régime Seuil CA services Seuil CA ventes Bilan obligatoire Liasse fiscale
Micro-BIC Jusqu'à 77 700 € Jusqu'à 188 700 € Non Non
Réel simplifié De 77 700 € à 818 000 € De 188 700 € à 818 000 € Oui, simplifié Oui
Réel normal Au-delà de 818 000 € Au-delà de 818 000 € Oui, complet Oui

TVA et artisanat : qui est concerné, qui en est exonéré ?

La TVA artisan est souvent source de confusion. Tout dépend du régime de TVA applicable à votre situation.

La franchise en base de TVA

Si votre chiffre d'affaires reste sous les seuils de franchise en base de TVA — soit 37 500 € pour les prestations de services (seuil majoré à 41 250 €) en 2026 — vous n'êtes pas assujetti à la TVA. Vous n'en collectez pas sur vos factures, vous ne la déduisez pas sur vos achats, et vous n'avez aucune déclaration à déposer.

La mention obligatoire à faire figurer sur vos factures est : "TVA non applicable, article 293 B du CGI".

Dès que vous franchissez ce seuil, vous perdez le bénéfice de la franchise et devez facturer la TVA dès le premier euro du dépassement.

Le régime réel de TVA

Au-delà des seuils de franchise, vous devenez redevable de la TVA. Concrètement :

  • Vous facturez la TVA à vos clients (généralement au taux de 10 % ou 20 % selon la nature des travaux)
  • Vous déduisez la TVA payée sur vos achats professionnels
  • Vous déposez des déclarations de TVA périodiques (mensuelles ou trimestrielles selon votre régime)

Le taux de TVA réduit à 10 % s'applique notamment aux travaux d'amélioration, de transformation et d'entretien des logements achevés depuis plus de deux ans. Les travaux de construction neuve restent taxés à 20 %. Bien distinguer ces situations sur vos devis et factures est une obligation légale et un enjeu de trésorerie concret.

À retenir : Un artisan du bâtiment en Dordogne qui applique un taux de TVA erroné sur ses chantiers s'expose à un redressement fiscal. La vérification systématique du taux applicable à chaque prestation est une habitude à prendre dès le départ.
Illustration de CEDO, solution de facturation électronique, propulsée par Cerfrance Dordogne

Charges sociales de l'artisan : ce que vous devez à l'Urssaf

Les charges sociales de l'artisan représentent souvent le poste le plus lourd — et le moins bien anticipé — lors du lancement d'une activité artisanale.

Micro-entrepreneur : des cotisations proportionnelles au chiffre d'affaires

Sous le régime micro-entrepreneur, les cotisations Urssaf artisan sont calculées directement en pourcentage du chiffre d'affaires déclaré :

  • 12,3 % pour les activités de vente de marchandises
  • 21,2 % pour les prestations de services artisanales (taux 2026)

La grande force du régime : pas de chiffre d'affaires, pas de cotisations. Mais attention — cette proportionnalité peut devenir un piège si vous n'anticipez pas la saisonnalité de votre activité.

Régime réel : des cotisations calculées sur le revenu net

Hors micro-entreprise, les charges sociales de l'artisan sont calculées sur la base du revenu net professionnel, c'est-à-dire le bénéfice réel après déduction des charges.

Le montant global des cotisations représente environ 40 à 45 % du bénéfice net pour un artisan au régime réel, couvrant :

  • L'assurance maladie-maternité
  • La retraite de base et complémentaire
  • La prévoyance invalidité-décès
  • Les allocations familiales
  • La formation professionnelle

L'ACRE (Aide à la Création et à la Reprise d'Entreprise) permet aux artisans qui s'installent de bénéficier d'une exonération partielle de cotisations sociales pendant la première année d'activité. Cette aide est précieuse en phase de démarrage.

Situation Base de calcul Taux approximatif
Micro-entrepreneur (services) CA déclaré 21,2 %
Régime réel (bénéfice < PASS) Bénéfice net ≈ 40–45 %
1ère année avec ACRE Bénéfice net Exonération partielle

La CFE : l'impôt local que beaucoup d'artisans oublient

La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) est un impôt local dû chaque année par tous les artisans exerçant à titre professionnel, quels que soient leur régime fiscal et leur chiffre d'affaires. Elle est calculée sur la valeur locative des locaux utilisés pour l'activité.

Quelques points essentiels à connaître :

  • La première année d'activité, vous bénéficiez d'une exonération totale de CFE
  • Les micro-entrepreneurs dont le CA annuel est inférieur à 5 000 € sont également exonérés
  • La CFE est payable chaque année en décembre, avec la possibilité de payer un acompte en juin

Pour aller plus loin sur ce sujet, notre guide dédié à la CFE en Dordogne pour les artisans détaille les modalités de calcul, les cas d'exonération et les démarches à effectuer auprès du service des impôts des entreprises.

Les documents comptables à conserver absolument

Quelle que soit votre taille, certains documents comptables sont obligatoires et doivent être conservés pendant des durées légales précises. Voici les principaux :

  • Factures clients et fournisseurs : 10 ans
  • Livre de recettes et registre des achats (micro-BIC) : 6 ans
  • Relevés bancaires professionnels : 5 ans
  • Déclarations fiscales et sociales : 6 ans
  • Contrats commerciaux : 5 ans après fin du contrat

Une bonne organisation documentaire dès le départ — classement physique ou numérique — vous fera gagner un temps considérable en cas de contrôle fiscal ou social, et facilitera la vie de votre comptable à chaque clôture.

Quel régime fiscal choisir pour un artisan ?

C'est souvent la première question posée à un conseiller lors de la création d'une activité artisanale. Il n'existe pas de réponse universelle — le régime optimal dépend de plusieurs critères :

  • Le niveau de charges réelles : si vos charges professionnelles dépassent l'abattement forfaitaire du micro-BIC (50 % pour les services), le régime réel sera plus favorable
  • Le chiffre d'affaires prévisionnel : si vous anticipez une croissance rapide, mieux vaut anticiper le passage au régime réel
  • Vos besoins en crédibilité financière : un bilan complet rassure les banques et les partenaires commerciaux
  • La TVA : au micro, vous ne la récupérez pas sur vos achats, ce qui peut être désavantageux si vous investissez beaucoup

Le passage d'un régime à l'autre est possible, mais encadré par des délais et des formalités qu'il vaut mieux anticiper avec un professionnel.

Et le CGA artisan ?

Adhérer à un Centre de Gestion Agréé (CGA) permet aux artisans au régime réel de bénéficier d'une réduction d'impôt égale aux deux tiers des honoraires de comptabilité, dans la limite d'un certain plafond. C'est un levier fiscal souvent sous-utilisé, particulièrement intéressant pour les artisans en phase de développement.

Pour aller plus loin

Gérer seul sa comptabilité d'artisan en Dordogne est possible au stade du micro-BIC. Mais dès que l'activité se développe, que les seuils approchent ou que les investissements s'accumulent, les risques d'erreur augmentent significativement — et les conséquences aussi.

Quelques questions à vous poser dès maintenant :

  • Ai-je bien identifié mon régime fiscal et mes obligations déclaratives pour 2026 ?
  • Ma TVA est-elle correctement calculée et déclarée à la bonne fréquence ?
  • Ai-je anticipé mes charges sociales Urssaf pour éviter les mauvaises surprises en fin d'année ?
  • Est-ce que je conserve mes documents comptables dans les conditions légales ?

Si vous avez un doute sur l'un de ces points, c'est le bon moment pour en parler avec un professionnel. Nos experts-comptables pour TPE et PME accompagnent quotidiennement des artisans de toute la Dordogne dans la gestion de leur comptabilité, de leurs déclarations fiscales et de leur relation avec l'Urssaf.

Experts comptables Dordogne

La proximité et l'échange sont au coeur de nos valeurs.