Dernière mise à jour :
1/6/2026
Votre comptabilité artisan, vérifiée par un expert

Vous venez de vous installer comme artisan en Dordogne, ou vous exercez votre activité depuis quelques années, et la comptabilité reste floue. Ce que vous devez déclarer, comment calculer votre TVA, ce que l'Urssaf attend de vous chaque trimestre — autant de questions qui reviennent systématiquement. Et pour cause : les obligations comptables d'un artisan varient selon le régime fiscal choisi, le chiffre d'affaires réalisé et la nature de l'activité. Une erreur peut coûter cher.
Cet article fait le point sur tout ce que vous devez savoir en 2026 pour gérer votre comptabilité d'artisan en Dordogne sans mauvaise surprise : régimes applicables, TVA, charges sociales, documents à tenir à jour. Lisez-le une fois, gardez-le sous la main.
La question revient souvent, surtout chez les artisans qui débutent sous le régime de la micro-entreprise. La réponse est oui — mais les obligations comptables varient selon le statut.
Tout artisan exerçant une activité commerciale ou artisanale est soumis à des obligations de suivi financier, quelle que soit sa taille. L'administration fiscale et l'Urssaf ont besoin de tracer vos revenus, votre TVA collectée et vos charges sociales. En cas de contrôle, l'absence de documents comptables constitue une faute grave pouvant entraîner des redressements et des pénalités.
La bonne nouvelle : le niveau de complexité comptable n'est pas le même pour tout le monde. Un micro-entrepreneur artisan a des obligations beaucoup plus légères qu'un artisan au régime réel. Mais dans tous les cas, il faut tenir des documents à jour.

Le régime comptable applicable dépend avant tout du régime fiscal choisi au moment de la création ou au fil de l'évolution du chiffre d'affaires.
Le régime micro-BIC (bénéfices industriels et commerciaux) s'applique automatiquement aux artisans dont le chiffre d'affaires annuel ne dépasse pas 188 700 € pour les activités de vente ou 77 700 € pour les prestations de services (seuils 2026).
Sous ce régime, les obligations comptables sont minimalistes :
Pas de bilan, pas de compte de résultat, pas de liasse fiscale complexe. Le bénéfice imposable est calculé par l'administration en appliquant un abattement forfaitaire de 50 % sur les recettes pour les prestations de services artisanales.
À retenir : Le régime micro-BIC est simple à gérer mais pas toujours le plus avantageux. Si vos charges réelles dépassent 50 % de votre chiffre d'affaires, vous avez fiscalement intérêt à opter pour le régime réel simplifié.
Dès que vous dépassez les seuils du micro-BIC — ou si vous optez volontairement pour ce régime — vous basculez en régime réel simplifié (ou normal selon votre taille).
Les obligations comptables sont alors bien plus étoffées :
C'est à ce stade que l'accompagnement d'un expert-comptable artisan en Dordogne devient non seulement utile mais souvent indispensable pour éviter les erreurs de déclaration.
La TVA artisan est souvent source de confusion. Tout dépend du régime de TVA applicable à votre situation.
Si votre chiffre d'affaires reste sous les seuils de franchise en base de TVA — soit 37 500 € pour les prestations de services (seuil majoré à 41 250 €) en 2026 — vous n'êtes pas assujetti à la TVA. Vous n'en collectez pas sur vos factures, vous ne la déduisez pas sur vos achats, et vous n'avez aucune déclaration à déposer.
La mention obligatoire à faire figurer sur vos factures est : "TVA non applicable, article 293 B du CGI".
Dès que vous franchissez ce seuil, vous perdez le bénéfice de la franchise et devez facturer la TVA dès le premier euro du dépassement.
Au-delà des seuils de franchise, vous devenez redevable de la TVA. Concrètement :
Le taux de TVA réduit à 10 % s'applique notamment aux travaux d'amélioration, de transformation et d'entretien des logements achevés depuis plus de deux ans. Les travaux de construction neuve restent taxés à 20 %. Bien distinguer ces situations sur vos devis et factures est une obligation légale et un enjeu de trésorerie concret.
À retenir : Un artisan du bâtiment en Dordogne qui applique un taux de TVA erroné sur ses chantiers s'expose à un redressement fiscal. La vérification systématique du taux applicable à chaque prestation est une habitude à prendre dès le départ.

Les charges sociales de l'artisan représentent souvent le poste le plus lourd — et le moins bien anticipé — lors du lancement d'une activité artisanale.
Sous le régime micro-entrepreneur, les cotisations Urssaf artisan sont calculées directement en pourcentage du chiffre d'affaires déclaré :
La grande force du régime : pas de chiffre d'affaires, pas de cotisations. Mais attention — cette proportionnalité peut devenir un piège si vous n'anticipez pas la saisonnalité de votre activité.
Hors micro-entreprise, les charges sociales de l'artisan sont calculées sur la base du revenu net professionnel, c'est-à-dire le bénéfice réel après déduction des charges.
Le montant global des cotisations représente environ 40 à 45 % du bénéfice net pour un artisan au régime réel, couvrant :
L'ACRE (Aide à la Création et à la Reprise d'Entreprise) permet aux artisans qui s'installent de bénéficier d'une exonération partielle de cotisations sociales pendant la première année d'activité. Cette aide est précieuse en phase de démarrage.
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) est un impôt local dû chaque année par tous les artisans exerçant à titre professionnel, quels que soient leur régime fiscal et leur chiffre d'affaires. Elle est calculée sur la valeur locative des locaux utilisés pour l'activité.
Quelques points essentiels à connaître :
Pour aller plus loin sur ce sujet, notre guide dédié à la CFE en Dordogne pour les artisans détaille les modalités de calcul, les cas d'exonération et les démarches à effectuer auprès du service des impôts des entreprises.
Quelle que soit votre taille, certains documents comptables sont obligatoires et doivent être conservés pendant des durées légales précises. Voici les principaux :
Une bonne organisation documentaire dès le départ — classement physique ou numérique — vous fera gagner un temps considérable en cas de contrôle fiscal ou social, et facilitera la vie de votre comptable à chaque clôture.
C'est souvent la première question posée à un conseiller lors de la création d'une activité artisanale. Il n'existe pas de réponse universelle — le régime optimal dépend de plusieurs critères :
Le passage d'un régime à l'autre est possible, mais encadré par des délais et des formalités qu'il vaut mieux anticiper avec un professionnel.
Adhérer à un Centre de Gestion Agréé (CGA) permet aux artisans au régime réel de bénéficier d'une réduction d'impôt égale aux deux tiers des honoraires de comptabilité, dans la limite d'un certain plafond. C'est un levier fiscal souvent sous-utilisé, particulièrement intéressant pour les artisans en phase de développement.
Gérer seul sa comptabilité d'artisan en Dordogne est possible au stade du micro-BIC. Mais dès que l'activité se développe, que les seuils approchent ou que les investissements s'accumulent, les risques d'erreur augmentent significativement — et les conséquences aussi.
Quelques questions à vous poser dès maintenant :
Si vous avez un doute sur l'un de ces points, c'est le bon moment pour en parler avec un professionnel. Nos experts-comptables pour TPE et PME accompagnent quotidiennement des artisans de toute la Dordogne dans la gestion de leur comptabilité, de leurs déclarations fiscales et de leur relation avec l'Urssaf.
