Dernière mise à jour :
2/10/2026
Arbitrez IR ou IS avec un conseiller local

Pauline Sauter
Responsable communication

Mis à jour le 02/10/2026
En 30 secondes
IR ou IS : à l’impôt sur le revenu, le bénéfice est imposé directement chez l’entrepreneur ou les associés, qu’il soit distribué ou non. À l’impôt sur les sociétés, c’est la société qui paie l’impôt (15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, puis 25 %). Les associés ne sont imposés que sur ce qu’ils perçoivent. Le bon choix dépend du résultat attendu, de votre rémunération et de votre stratégie d’investissement. Il se réévalue au fil de la vie de l’entreprise.
Au moment de créer leur entreprise, la plupart des dirigeants pensent à leur activité, à leurs clients et à leur financement. Le régime fiscal, lui, passe souvent au second plan. Pourtant, choisir entre IR ou IS a un effet direct sur votre impôt, vos cotisations sociales, votre rémunération et votre capacité à réinvestir.
Le mouvement de création reste fort : selon l’Insee (janvier 2026), 1 165 800 entreprises ont été créées en France en 2025, dont 301 300 sociétés, un record. Chacune a dû trancher, parfois sans le savoir, entre impôt sur le revenu et impôt sur les sociétés.
On appelle régime fiscal la manière dont les bénéfices de l’entreprise sont soumis à l’impôt. À l’IR, les bénéfices sont imposés chez les associés. À l’IS, c’est la société qui paie l’impôt.
L’IR et l’IS ne désignent pas seulement deux impôts : ce sont deux façons de considérer l’entreprise. Elle est soit transparente (IR), soit contribuable à part entière (IS).
À l’impôt sur le revenu, le bénéfice de l’entreprise s’ajoute aux autres revenus de votre foyer fiscal et subit le barème progressif (0 % à 45 %). Il est imposé qu’il soit distribué ou non. Si vous laissez 30 000 € sur le compte de l’entreprise pour financer un futur investissement, vous êtes tout de même imposé sur ces 30 000 €.
L’avantage : un déficit de démarrage vient réduire votre revenu global, et donc l’impôt payé sur vos autres revenus ou ceux de votre conjoint.
L’impôt sur les sociétés fait de l’entreprise un contribuable distinct. Selon Compta-Online (avril 2026), la loi de finances 2026 a maintenu le taux réduit de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà. Ce taux réduit est réservé aux PME dont le chiffre d’affaires est inférieur à 10 M€, dont le capital est entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.
Exemple : pour 60 000 € de bénéfice, l’IS s’élève à 6 375 € (15 % sur 42 500 €) + 4 375 € (25 % sur 17 500 €), soit 10 750 €. Le dirigeant n’est imposé personnellement que sur ce qu’il se verse.
À retenir : l’IR impose ce que l’entreprise gagne, l’IS impose ce que le dirigeant perçoit. Toute la décision découle de cette différence.
Chaque forme juridique a un régime par défaut, et la plupart permettent une option. Voici les règles à connaître.
L’entreprise individuelle (EI) relève de l’impôt sur le revenu par défaut. Depuis 2022, elle peut exercer l’option IS, ce qui l’assimile fiscalement à une EURL. D’après Bpifrance Création (mars 2026), l’option doit être notifiée avant la fin du troisième mois de l’exercice concerné. Il est possible d’y renoncer jusqu’au cinquième exercice qui suit, après quoi elle devient définitive. Attention : une micro-entreprise ne peut pas opter pour l’IS, il faut d’abord passer au régime réel.
La SAS et la SASU sont à l’IS par défaut. L’option IR, prévue par l’article 239 bis AB du CGI, est ouverte pendant 5 exercices maximum aux sociétés de moins de 5 ans, de moins de 50 salariés, avec un chiffre d’affaires ou un total de bilan inférieur à 10 M€, et dont les droits de vote sont détenus à 50 % au moins par des personnes physiques (34 % par les dirigeants). Une SAS à l’IR convient surtout aux premières années déficitaires.
Trois vérifications suffisent : vos statuts (mention d’une option), votre espace professionnel sur impots.gouv.fr (régime d’imposition enregistré) et la liasse fiscale déposée (formulaire 2065 pour l’IS, 2031 ou 2035 pour l’IR). En cas de doute, votre expert-comptable le confirme en quelques minutes.
Point d’attention (exploitations agricoles) : l’EARL et le GAEC relèvent de l’IR par défaut et peuvent opter pour l’IS. Certains outils propres au bénéfice agricole, comme la déduction pour épargne de précaution, n’existent qu’à l’IR. Pour un exploitant de Dordogne, l’arbitrage se fait donc avec des critères spécifiques, que les conseillers agriculture et viticulture de Cerfrance Dordogne connaissent bien.
Choisir entre IS ou IR, c’est croiser quatre paramètres. Aucun ne suffit seul.
Le bénéfice attendu est le premier filtre. Une entreprise déficitaire à ses débuts a intérêt à l’IR : un déficit de 15 000 € imputé sur le revenu global d’un foyer imposé à 30 % représente environ 4 500 € d’impôt en moins. À l’inverse, dès que le bénéfice dépasse votre tranche marginale de 11 %, le taux réduit de 15 % de l’IS devient compétitif.
À l’IS, votre rémunération est une charge déductible : elle diminue le résultat de la société, puis elle est imposée chez vous en traitements et salaires. À l’IR, elle n’est qu’une répartition du bénéfice, sans effet fiscal. Le choix du régime fiscal conditionne donc toute votre politique de rémunération, un sujet que nous détaillons dans notre article sur l’optimisation de la rémunération du dirigeant de TPE-PME.
Un dividende est la part du bénéfice après IS distribuée aux associés. Depuis le 1er janvier 2026, selon BM Fiduciaire (2026), la hausse de CSG votée dans la LFSS 2026 porte la flat tax (PFU) à 31,4 % : 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux.
Sur 10 000 € de bénéfice distribué, il vous reste environ 5 831 € net après IS à 15 % et PFU. Arbitrer entre salaire ou dividendes, c’est donc arbitrer entre protection sociale (retraite, prévoyance) et coût immédia
L’autofinancement est souvent le critère décisif. À l’IR, un bénéfice conservé dans l’entreprise est imposé à votre taux marginal, jusqu’à 45 %. À l’IS, il supporte 15 % ou 25 %. Pour une entreprise qui doit financer du matériel, un stock ou une embauche, l’écart peut atteindre plusieurs milliers d’euros par an.
Oui, mais le changement d’option est encadré par des délais stricts et peut coûter cher s’il est mal anticipé.
Fiscalement, changer de régime équivaut à une cessation d’entreprise. Les bénéfices non encore imposés deviennent immédiatement taxables. Les plus-values latentes peuvent l’être aussi, sauf si les écritures comptables restent inchangées. Lors d’un passage de l’IS à l’IR, les réserves accumulées sont considérées comme distribuées et imposées. Une option exercée au bon moment coûte peu. Une option tardive, avec plusieurs années de réserves, peut peser lourd.
À retenir : un changement de régime se prépare au moins un exercice à l’avance, avec une simulation chiffrée.
Il n’existe pas de réponse unique : le régime le plus avantageux est celui qui colle à votre profil. Trois cas types reviennent souvent.
Le choix entre IR ou IS n’est pas une décision prise une fois pour toutes. Il correspond à une situation donnée : un niveau de résultat, une composition familiale, un projet d’investissement. Quand votre entreprise grandit, qu’un associé entre au capital ou qu’une transmission se profile, les bons paramètres d’hier ne sont plus forcément ceux d’aujourd’hui.
C’est l’approche de Cerfrance Dordogne : accompagner depuis 47 ans plus de 2 900 entreprises du département avec des conseillers qui revoient ce choix à chaque étape clé. Nos 140 collaborateurs, dont des juristes et des experts-comptables, sont présents dans 9 agences, de Nontron à Bergerac. Si vous préparez une création ou une reprise d’entreprise, c’est le bon moment pour poser la question.
Pour réduire légalement l’impôt sur les sociétés, le premier levier est le taux réduit de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, réservé aux PME dont le chiffre d’affaires est inférieur à 10 M€ et le capital détenu à 75 % par des personnes physiques. Viennent ensuite la rémunération du dirigeant, déductible du résultat, les investissements amortissables, l’épargne salariale et le report des déficits antérieurs. L’optimisation doit rester cohérente avec vos cotisations sociales et votre imposition personnelle : baisser l’IS en augmentant fortement votre impôt sur le revenu n’a aucun intérêt.
Non. Une micro-entreprise relève obligatoirement de l’impôt sur le revenu, avec un abattement forfaitaire ou le versement libératoire. Pour opter pour l’impôt sur les sociétés, l’entrepreneur individuel doit d’abord passer au régime réel d’imposition. Il est alors assimilé fiscalement à une EURL. Ce basculement implique une comptabilité complète, un bilan et des déclarations d’IS. Il se justifie généralement lorsque le bénéfice dépasse le niveau où votre taux marginal d’imposition devient supérieur à 15 %.
Pour une entreprise individuelle ou une EURL, l’option pour l’impôt sur les sociétés peut être révoquée jusqu’au cinquième exercice qui suit celui de l’option. Passé ce délai, elle devient irrévocable. Cette fenêtre permet de corriger un choix qui ne correspond plus à votre situation, par exemple après une baisse durable du résultat. La renonciation entraîne toutefois les conséquences fiscales d’une cessation d’entreprise : une simulation préalable est indispensable.
En SARL à l’IS, le gérant majoritaire est travailleur non salarié : la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital, des primes d’émission et des comptes courants d’associé supporte les cotisations TNS. L’avantage des dividendes est donc limité, surtout avec un petit capital. La rémunération, elle, est déductible du résultat et ouvre des droits à la retraite et à la prévoyance. Dans la plupart des cas, un mix entre salaire et dividendes plafonnés à ce seuil de 10 % reste l’équilibre le plus efficace.
Le régime fiscal désigne l’impôt auquel sont soumis les bénéfices : impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés. Le régime d’imposition désigne la manière de calculer ce bénéfice : micro-entreprise, réel simplifié ou réel normal. Les deux se combinent. Une EURL peut ainsi être à l’IR au réel simplifié, ou à l’IS au réel normal. Le régime d’imposition dépend surtout du chiffre d’affaires, tandis que le régime fiscal relève d’un choix stratégique.
IR ou IS : la bonne réponse dépend de votre résultat, de votre rémunération, de vos cotisations et de vos projets d’investissement. L’IR protège les débuts difficiles, l’IS favorise le réinvestissement, et les options temporaires permettent de passer de l’un à l’autre au bon moment. Ce qui coûte cher, ce n’est pas de choisir un régime, c’est de ne jamais le remettre en question. Prenez rendez-vous avec un conseiller Cerfrance Dordogne pour faire cet arbitrage dès la création, puis le réévaluer à chaque étape de votre entreprise.
Pauline Sauter — Responsable communication
Pauline Sauter relaie l’expertise des juristes et experts-comptables de Cerfrance Dordogne auprès des créateurs et dirigeants du département. Elle transforme les questions de fiscalité et de gestion en contenus pratiques, à partir des situations rencontrées chaque jour dans les 9 agences du réseau.
